Fashion Week

Casa Moda Academy: nouvelle vague

“L’écologie est un thème de notre époque. D’habitude, tout ce qui écologie est associé à des gens pas très soignés !”, clame Karl Lagerfeld. Pourtant, le jaillissement d’une mode éco-consciente tend aujourd’hui à bousculer cette pensée.
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À Casa Moda Academy, trois étudiants relèvent le défi. Tissage, crochet, patchwork, toutes les techniques sont bonnes pour sublimer le sac poubelle, élément majeur de cet exercice, et en faire une véritable œuvre d’art à porter ou à admirer en marge de la COP22 qui se déroule à Marrakech du 7 au 18 novembre prochain.

Où avez-vous trouvé l’inspiration qui vous a mené à créer cette pièce ? Il s’agit d’abord d’expérimentation. Je me suis basé sur un processus créatif proposé par l’école, dans le but de créer des e ets de matière avec un sac poubelle. Ensuite l’ins- piration m’est venue de l’architec- ture de la Casa Moda Academy. J’ai travaillé à partir de photos des bâtiments, et l’idée de ce mouve- ment de la matière m’a ainsi été inspiré par les escaliers de secours et les bancs. Le sac poubelle est rembourré de ouate et incarne une ré exion autour de la production et de la construction.

Quel intérêt portez-vous à l’environnement ?
Aucun être sur cette planète ne peut exister sans son environnement. Des gestes basiques comme le tri des déchets, le recyclage, devraient être une obligation et non un choix ou un e et de mode pour les individus conscients que nous sommes. Je ne suis pas certain que la conscience écologique soit bien ancrée en cha- cun de nous, bien que tout citoyen qui se respecte devrait en faire une priorité.

La mode peut-elle contribuer à protéger l’environnement au Maroc ? Comment imaginez-vous la mode éthique dans le futur ?

La mode, quand elle est éthique, devient encore plus riche. Tous les procédés de recyclage, de récupé- ration, d’assemblage donnent nais- sance à un nombre de combinaisons in ni. Pouvoir créer de nouvelles matières à partir de déchets, soient-ils industriels ou ménagers, les transformer en de nouveaux objets (vêtements ou accessoires) me semble extrêmement intéres- sant. Je caresse l’idée de pouvoir un jour travailler des tissus qui semblent inutilisables - e lochés, brûlés, déchiquetés... -, et en sortir une matière nouvelle. Et qui sait, arriver peut-être ainsi à créer une nouvelle base de recherche ou de conception. C’est en cela que l’archi- tecture m’inspire : il faut apprendre à “déconstruire” pour reconstruire avec sa garde-robe. Créer un vête- ment hybride.

Pour que le Maroc soit précurseur en termes de mode éthique, il fau-drait que les di érents corps de métier collaborent. Par exemple, que les concept stores s’intéressent de plus près aux marques amies de l’environnement, voire imposent un cahier des charges “écolo”.

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