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Pourquoi Berlin n'a jamais autant inspiré

Capitale de l'Allemagne mais aussi de la hype, Berlin diffuse plus que jamais ses douces effluves underground aux quatre coins du monde. La preuve en quatre temps.
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Bien plus qu'une rave-party à ciel ouvert, qu'une cité grise parsemée de gigantesques espaces verts, qu'une capitale de la Bratwurst et du demi de Berliner Pills, Berlin n'a jamais autant été dans le coup. Son underground fascine, autant dans la veine des nouveaux cool-kids edgy qui innondent les rues des mégalopoles mondiales que par sa richesse culturelle (et multi-culturelle) qui fait de la cité allemande l'un des plus grands melting-pots au monde. On s'inspire de son style de vie unique, un brin décontracté mais calibré à la germanique, de ses contradictions architecturales et esthétiques, de son passé unique, de sa liberté omniprésente. Des plus grands créateurs aux papes du cool, ils n'ont que son nom à la bouche. Décryptage d'un phénomène qui ne compte pas se calmer.

Pour l'amour de la street-food

Berlin est aussi synonyme de gastronomie urbaine, nomade, cosmopolite. Sacré comme meilleur kebab de sa génération, le Mustafa Gemüse Kebap de Mehringdamm est bien plus qu'un simple food-truck. Destination en soi pour des centaines de fidèles, il a même inspiré à Diesel une collaboration sur sweats et t-shirts. Histoire de brandir bien haut l'étendard du cool-eating

 

www.diesel.com

Pour Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée

Véritable monument de la littérature allemande post-moderne, "Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée" dépeint l'univers sombre d'un Berlin d'après-guerre, où la drogue fait des ravages et la reconstruction est lente et fastidieuse. Pour son défilé automne-hiver 2018/19, Raf Simons s'est même octroyé, en collaboration avec la narratrice du livre (qui, miraculeusement, est toujours vivante), le droit de revêtir certains t-shirts d'iconographies tirées de l'ouvrage et de la vie de Christiane. Représentant les jeunes toxicomanes qui se prostituaient à la station Zoobahnhof à l'époque, les bénéfices des ventes de ces pièces seront reversées à des association aidant les victimes d'addiction aux drogues. 

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Pour la mode locale

Même si l'Allemagne n'a jamais été une terre de mode, certains grands noms de la tendance actuelle font pencher la balance du côté clair de la force et reconstruisent, peu à peu, sa légitimité stylistique. À l'image d'Hugo, la ligne "jeune" de Boss, qui défile depuis deux saisons dans la capitale allemande, et proclame, à travers son réseau de boutiques entre autres, son appartenance au pays de Goethe. Ou de Roberto Cavalli, qui rouvre sa boutique berlinoise en grande pompe, affirmant l'essor sans précédent de la consommation de luxe dans les grandes villes germaniques. Mais le plus grand défenseur du style germanique reste néanmoins le salon Bread & Butter by Zalando, rendez-vous incontournable des bêtes de mode internationales, qui inaugure depuis deux ans une nouvelle manière d'appréhender le style. Plus abordable, ouvert à tous, c'est à coups d'évènements musicaux, d'animations premium et de showcases que le salon devient une destination au même titre que la ville qui l'accueille. Le plus ? La collaboration exclusive avec Calvin Klein Jeans, Presley et Kaia Gerber pour les 10 ans de Zalando, histoire de prouver sa solvabilité et d'ajouter une bonne dose d'hystérie collective. 

Pour y dormir (mais pas que)

Même si les Français ont, intrinsèquement, une forte personnalité et un égo non négligeable, il est public que l'Allemagne, première puissance européenne, dame le pion à sa voisine outre-Rhin dans bien des domaines. Et dans la nouvelle hôtelerie encore plus que dans le nucléaire. Fleuron allemand du cool, le groupe 25 Hours (qui s'implantera début 2019 à Paris) dicte ses propres règles lorsqu'il s'agit de parler d'hospitalité à la germanique. Et transforme la notion même d'hôtel en un concept hybride, à mi-chemin entre la résidence étudiante 2.0 et le nec plus ultra du cocon moderniste. Lorsqu'on arrive au pied de l'emblématique établissement inséré dans l'immeuble du Bikini, entre le Tiergarten et la Gedächtniskirche, on ne peut qu'admirer en premier lieu les courbes fifties du bâtiment, et le nombre scandaleux de baies vitrées par étage. Conçu comme une sorte de hub créatif et bienveillant, l'hôtel se déploie sur 10 étages, où les chambres varient du simple au double, donnant soit sur les cimes verdoyantes du Tiergarten, soit sur les flamboyants buildings du Kufürstendamm. Rien n'étant laissé au hasard, l'agencement intimiste de l'intérieur matche avec les détails très hipster de la réception, où l'on loue des vélos pour la journée - et qui répondent chacun à un délicat petit sobriquet. Au dixième étage, le Neni, l'une des tables les plus courues de la capitale, accueille le gratin berlinois à coup de vue panoramique sur l'ensemble de la ville, mais également par sa carte israélienne revisitée à la sauce healthy. De l'autre côté de l'étage, le Monkey Bar achèvera de vous séduire (et de réduire à néant vos efforts pour rester sobre) grâce à sa carte de cocktails inventive mais bien sentie, et pour le plaisir de boire une pinte face à la ville en plein essor. Une adresse qui, à elle seule, pourrait faire sentir qu'il est si bon de rester quelques jours dans la ville la plus cool de l'Europe de l'Est. 

Budapester Str. 40, 10787 Berlin

www.25hours-hotels.com

 

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Remerciements à Adi pour la visite guidée

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