JOAILLERIE & HORLOGERIE

Au coeur des ateliers de Kallista

Avant de se retrouver magnifié par celle qui le porte, un bijou prend vie à travers une succession d’étapes orchestrée par autant d’artisans détenteurs d’un précieux savoir-faire. Reportage en coulisse chez le célèbre joaillier casablancais.
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On entre dans les ateliers Kallista comme on pénètre dans un lieu historique, avec un respect rempli de questions. Et d’admiration. Ici, juste en dessous de l’enseigne joaillière, la première à s’être installée rue Aïn Harrouda, à Casablanca, une vingtaine d’artisans (certains ont plus de trente années d’expérience) modèlent ces pièces somptueuses qui font la réputation de la Maison. Modélistes ou joailliers, sertisseurs ou polisseurs, tous sont gemmologues et détiennent un savoir-faire qui permet à chacun d’être un rouage essentiel dans la création des cinq collections annuelles. Sur leurs établis, un assortiment d’outils en tout genre : pointes, scalpels, scies, pinces, limes, perceuses, sans oublier les indispensables échoppes, ces petits burins qui permettent de graver le métal ou d’en détacher des copeaux. Mais aussi quelques feutres et stylos. Car ici, tout commence par un dessin. 

Selon un cahier des charges traduisant les désirs du designer ou de la cliente, le bijou est d’abord esquissé avant d’être coloré. Sur ces croquis souvent à l’échelle, l’agencement des pierres et leur couleur sont les seules indications dont disposent les artisans pour réaliser le futur bijou dans la tradition maison. C’est en effet là tout l’art du joaillier de façonner au millimètre près le support en or pour l’adapter au relief de la pierre. À partir de ce dessin, le modéliste, joaillier de formation, façonne une maquette en cire (parfois en métal) qui reprend les dimensions indiquées et les emplacements nécessaires aux gemmes, avant de la passer aux mains du fondeur pour être transformée dans sa version en or. Une fois la forme coulée dans le précieux métal, le sculpteur la “nettoie” pour en faire ressortir les plus petits détails que la cire, trop inconsistante, ne permettait pas de sculpter : c’est la reprise de fonte. De même, l’exécution du dos du bijou est tout autant soignée. Pré-polie mais non sertie, la pièce est alors envoyée au service des Douanes pour y être marquée par un poinçon d’État – en forme de tête de gazelle pour un bijou en or 18 carats. Ce dernier portera ainsi pour toujours le sceau de son précieux état.

Le préparateur de pierres prend ensuite le relais. Son rôle ? Rassembler, vérifier et sélectionner les pierres qui serviront à sertir le bijou en fonction des nuances et dimensions des gemmes précisées en amont. Puis c’est au tour du sertisseur d’entrer en scène pour les réunir en une pièce de haute joaillerie après avoir serti (souvent à l’œil nu), dans leurs emplacements, les pierres présentes sur le croquis de départ. Selon le type de création, le sertisseur optera pour un serti clos, un serti griffe, un massé ou un pavage pour bel effet de masse ; soit autant de techniques qui s’adaptent à chaque pierre pour en sublimer l’éclat. Enfin, ultime étape, le polissage. Complété parfois par un rhodiage pour les bijoux en or blanc, il a pour but d’accentuer l’éclat du métal, pour finir de créer l’une de ces créations captivantes qui composent toute la magie scintillante des écrins Kallista.

Kallista, rue Aïn Harrouda, Casablanca. Tél.: 05 22 94 66 66 

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