Beauté

Marion Cotillard rencontre Chanel N°5

C'est toujours un événement lorsque le mythique N°5, imaginé par Coco Chanel et Ernest Beaux en 1921, trouve une nouvelle muse pour l'incarner. Cette fois, c'est l'actrice française Marion Cotillard qui prête son visage à la légendaire fragrance, magique à l'écran. En exclusivité pour L'Officiel Maroc, elle nous révèle sa relation avec la maison de couture et les dessous de cette nouvelle campagne.
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© Chanel

Elle est la plus internationale des actrices hexagonales. Il est le plus mythique des parfums français. Icône absolue chacune dans leur catégorie, il fallait bien qu’un jour ces deux étoiles finissent par se rencontrer au firmament du chic à la française. C’est aujourd’hui chose faite grâce à Thomas du Pré de Saint Maur – directeur des Ressources créatives Chanel Parfums Beauté – qui a choisi Marion Cotillard comme égérie de la nouvelle campagne publicitaire du cultissime N° 5. “Incarnation de la beauté naturelle à la française, Marion Cotillard possède ce ‘je-ne-sais-quoi’ irrésistible qui n’appartient qu’à elle. Elle apporte son élégance à l’image de l’iconique parfum N° 5”, précise la griffe au double C. 

Une femme libre et engagée
Une collaboration qui fait sens, d’autant plus que l’actrice est une amie de longue date de la Maison, qui l’a souvent habillée pour ses apparitions sur tapis rouge, comme pour le film Un long dimanche de fiançailles en 2004 puis pour La Vie en rose d’Olivier Dahan en 2008. Avec son interprétation magistrale d’Édith Piaf, l’actrice française a bouleversé le monde entier en remportant l’Oscar, le César, le Golden Globe et le BAFTA de la meilleure actrice. Une consécration internationale qui lui a ouvert les portes du tout-Hollywood et lui a offert la possibilité de tourner avec les plus grands réalisateurs : Jacques Audiard, James Gray, Christopher Nolan, Ridley Scott, Steven Soderbergh ou Leos Carax. “Authentique, généreuse et engagée, Marion Cotillard promène son regard unique de film en film, construisant un destin exceptionnel de femme libre”, souligne la maison de la rue Cambon.
Avec ce contrat, l’actrice oscarisée perpétue ainsi la lignée des grandes figures féminines ayant prêté leur visage à cette icône olfactive, de Marilyn Monroe qui avoua en 1954 dormir nue, seulement vêtue de quelques gouttes de N° 5, à Nicole Kidman, en passant par Catherine Deneuve et Carole Bouquet.

Over the moon and back
Pour la réalisation de cette campagne publicitaire, le réalisateur suédois Johan Renck a décidé d’emmener le N° 5 sur la Lune. Plus qu’un décor, cette dernière fait figure de personnage à part entière dans cette nouvelle écriture du N° 5 : conjuguée à l’esprit des fêtes de fin d’année, elle invite à la rêverie, en mariant le réel et l’imaginaire. Le film met ainsi en scène une femme mystérieuse, drapée d’une cape noire, qui traverse un pont parisien recouvert de neige, un soir de pleine lune. Tout peut advenir. Soudain, son visage s’illumine au reflet hypnotique de l’astre immense qu’elle regarde avec intensité. Et la voilà sur la Lune face à un homme qui l’attend pour s’élancer avec elle dans une danse enivrante, faite de séduction et d’espièglerie, où les corps électrisés s’abandonnent l’un à l’autre jusqu’à l’apothéose d’un envol commun. De retour sur le pont, elle se retourne et découvre l’homme à ses côtés. Ils se sourient, complices et heureux : le rêve est devenu réalité.

Un pari de joie et d’égalité
Cette nouvelle campagne s’inspire d’une femme forte et amoureuse, dont la séduction se déploie dans la gaieté. La chanson qui rythme le film, Team, de Lorde, arrangée pour l’occasion par Flavien Berger et réinterprétée par Marion Cotillard, est une ode à l’amour moderne, où deux êtres parlent d’égal à égal. Imaginée par Ryan Heffington, la chorégraphie a été taillée sur mesure pour Marion Cotillard et son partenaire, le danseur étoile Jérémie Bélingard. Les amoureux virevoltent dans une sarabande moderne, avec facétie. La robe, en dentelle dorée rebrodée, accompagne chaque mouvement de l’actrice. Choisie par Virginie Viard, elle est inspirée d’une robe iconique qui en son temps fut portée par Mademoiselle Chanel herself

À travers l’ambiance lunaire de cette nouvelle campagne, symbole de féminité et de renouveau, Chanel rend hommage à l’histoire du N° 5 tout en faisant le choix radical et singulier de considérer la beauté comme un pari de joie et d’égalité. La femme et l’homme s’accompagnent et se soutiennent, se séduisant mutuellement dans un pas de deux à la fois élégant et fantaisiste. Plus qu’une parenthèse onirique, l’union des amoureux après leur danse céleste incarne un idéal : celui d’une femme qui déploie sa capacité à réaliser ses rêves. En exclusivité pour L’Officiel Maroc, Marion Cotillard revient sur ses liens avec la maison Chanel et sa rencontre avec N° 5.

L’Officiel Maroc : Pouvez-vous nous parler de votre relation avec la maison Chanel ? 
Marion Cotillard :
Assez tôt dans ma carrière d’actrice, la maison Chanel m’a accompagnée dans des moments forts et très importants. C’est une maison qui m’a toujours fascinée. Que cela soit dans la boutique de la rue Cambon, dans l’appartement de Gabrielle Chanel ou dans le laboratoire de Création et de Développement des parfums Chanel, je suis émerveillée. Lorsque Thomas du Pré de Saint Maur m’a proposé de collaborer sur le N° 5, j’ai été très émue. Je l’ai vécu comme des retrouvailles.

Et qu’avez-vous ressenti en retrouvant la maison Chanel ? 
M. C. :
C’est difficile à décrire, parce qu’il y a quelque chose de magique, qui n’existe que dans cette maison. Elle a un don pour l’émerveillement et donc un don pour émerveiller. Arriver dans une maison si belle, tant chargée d’histoire, cela pouvait être intimidant. Or, tout de suite, l’accueil a été bienveillant. C’est comme un rêve qui se réalise, et que peut-être je n’osais imaginer.

 

Vous êtes aujourd’hui la nouvelle égérie du parfum N° 5. Vous incarnez l’image d’une femme épanouie, qui accomplit ses rêves. Entre autres parce que vous êtes l’une des premières Françaises à avoir remporté l’Oscar de la Meilleure Actrice à Hollywood. En avez-vous conscience ?
M. C. :
Grâce à mes parents, j’ai compris qu’un rêve peut se réaliser. C’est une grande force qu’ils m’ont donnée. Cela n’empêche pas parfois de manquer de confiance en moi. Et je suis loin d’être forte en toute occasion. Mais qui l’est ? Et je tire de nombreux enseignements de mes faiblesses et je crois aux rêves. Même si selon moi le plus important est le chemin parcouru vers l’accomplissement, plutôt que le but à atteindre. Et j’ai appris que chacun va à son rythme et à sa manière.

Quelles sont les femmes qui ont été importantes dans votre construction ? 
M. C. :
Ma mère et ma grand-mère font partie des figures féminines importantes de ma vie. Mais j’admire les femmes qui s’élèvent contre les conventions et les pouvoirs établis. Beaucoup de femmes dans l’Histoire nous ont montré qu’il ne fallait jamais baisser les bras.

 

Êtes-vous, comme Gabrielle Chanel, une olfactive ? 
M. C. :
Oui, mon sens olfactif est très développé. Au début de ma carrière, lorsque je travaillais l’approche d’un personnage, je commençais par lui trouver un parfum qui lui corresponde. C’était une façon de comprendre la personnalité de mon personnage, d’entrer en contact avec lui. En tant qu’actrice, je travaille beaucoup sur les émotions.

Que pensez-vous de Gabrielle Chanel “parfumeuse” ? 
M. C. :
J’aime sa démarche. Elle avait décidé de créer un parfum pour elle-même. Tout simplement parce qu’elle ne trouvait pas chez les parfumeurs de l’époque un parfum qui corresponde à ce qu’elle avait envie de porter. Alors, elle l’a inventé. En élaborant le N° 5, elle s’est laissé guider par son intuition. Et par son propre désir. Elle a ainsi créé un parfum qui ne ressemblait à aucun autre. C’est très audacieux. Je crois qu’il y a dans cette démarche créative une authenticité, une vérité, qui touche les gens. En s’autorisant à être elle-même, elle a pu toucher les autres.

 

Quels traits de la personnalité féminine associez-vous au N° 5 ? 
M. C. :
Je dirais que N° 5 contient l’idée d’une essence féminine. Associée à un grand défi, celui de se plaire avant tout à soi-même. Mais il pourrait tout aussi bien être porté par un homme ! Au fond, quand je pense au N° 5, je vois un être qui cherche à être libre.

 

Quelle est votre relation avec ce parfum ? 
M. C. :
J’ai senti un lien immédiat avec le N° 5. C’est plus qu’un parfum, c’est une œuvre d’art. Sa composition est pleine de mystères. Et son flacon est conçu comme un tableau moderniste. N° 5 est aujourd’hui un classique, qui a su garder sa singularité. C’est le propre d’une icône de traverser le temps. Je me sens donc très chanceuse de continuer à faire vivre l’histoire de ce parfum iconique.

 

Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec le réalisateur Johan Renck ? 
M. C. :
Nous avons eu une collaboration constructive, enrichissante et heureuse. Il y avait quelque chose de très similaire entre lui et l’histoire que nous racontions. Il a cette énergie malicieuse et magique, et en même temps c’est quelqu’un qui a un univers très singulier. Un univers en mouvement, qui peut être à la fois déjanté, magique et féerique.

 

Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce scénario ? 
M. C. :
C’est une histoire d’amour, une histoire d’amour assez joyeuse. Il y a à la fois de la légèreté et de la profondeur, de l’aérien et du terrien. Lorsque les deux personnages se mettent à danser, deux forces humaines se rejoignent. C’est une jolie image de ce que l’on peut ressentir quand on est amoureux. Je trouve cela très beau d’emmener le N° 5 dans cet univers.

 

Avez-vous appréhendé la partie chorégraphique du tournage ? 
M. C. :
Oh oui ! (Rires) Je ne suis pas danseuse. J’étais anxieuse. Nous avons répété plusieurs jours avant le tournage. Et j’ai eu la chance d’avoir comme partenaire Jérémie Bélingard, qui est un grand danseur étoile. J’étais très impressionnée parce qu’il a une carrière magistrale. Tout de suite, il m’a accueillie dans la chorégraphie. Ce fut une merveilleuse rencontre. J’étais à la fois intimidée et rassurée à l’idée de danser avec un danseur étoile. Je savais qu’il ne me laisserait pas tomber. Au sens propre comme au sens figuré. C’est un être d’une grande générosité, qui rayonne d’une immense énergie.

Que représente la danse dans votre vie ? Aimez-vous danser ? 
M. C. :
Je me suis donné comme règle de vie de chanter, danser et rire au moins une fois par jour ! (Rires) Je danse beaucoup avec mes enfants. Dans ces moments-là, je ressens toutes les cellules de mon corps qui vibrent. Je chante beaucoup aussi. Le chant, la danse, sont deux pratiques qui me permettent de me reconnecter à mon corps et à des énergies extérieures. De me sentir libre. Je crois que les gens aiment danser parce que c’est un moment où l’on se sent vivant.

 

Pouvez-vous nous parler de la robe que vous portez dans le film ? 
M. C. :
La robe dans laquelle je danse est une robe dorée, entièrement brodée à la main par les ateliers de la maison Lesage. Elle est inspirée d’une robe qu’avait portée Gabrielle Chanel. Elle est vraiment sublime ! Elle avait déjà été réinterprétée par Karl Lagerfeld il y a quelques années. Et Virginie Viard l’a repensée de nouveau, spécialement pour le tournage du film. C’est un bijou de grâce dans lequel j’ai pu bouger, danser, courir… Cette robe exprime le mouvement et la liberté. Très Chanel !

 

Seriez-vous, vous aussi, prête à décrocher la lune ? 
M. C. :
Décrocher la lune, non ! Elle est très bien là où elle est. (Rires) Tout faire pour atteindre ses rêves les plus fous ? Oui ! Quand j’étais enfant, ma mère me répétait toujours “tout est un cadeau”. Aujourd’hui, je dis à mes enfants : “Rêvez grand, parce que vos rêves peuvent se réaliser”. Dans le film, le personnage de la femme mène la danse. Le fait que l’homme soit présent sur le pont à la fin du film symbolise l’idée forte de la femme N° 5. En effet, la femme mène la danse. Mais pour danser, il faut être deux. On s’entraide, on s’entraîne, on mène puis on se laisse mener, tout cela dans le mouvement. C’est un travail d’équipe. J’aime l’idée d’un relais entre deux êtres. Ici, c’est une danse qui ne ressemble à aucune autre. Elle est surprenante, engagée, sensuelle, amusante. Elle exprime la passion. Tout peut advenir dans la vie, grâce à la passion.

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