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Golden Globes Rhapsody

Bohemian Rhapsody, Rami Malek... et Glenn Close, champions d’un palmarès de Golden Globes plus imprévisible que jamais.
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“Hey! On est vivant les gars, et on va prendre soin de notre planète!”
Jeff Bridges- dit Le “Dude” vient de recevoir le Cecil B. deMille Award en exhortant l’assemblée à la vie, recevant un tonnerre d’applaudissements. Célébrer notre humanité,  c’est, un an après la cérémonie MeeToo endeuillée de noir, ce qui a illuminé cette 76ème édition des Golden Globes présentée pour la première fois par une actrice asiatique, Sandra Oh , qui a aussi été sacrée meilleure actrice en télé pour Killing Eve. Vous avez dit “politiquement correct”? Certes, mais qui se plaindra d’une soirée placée sous le signe de la différence, et des surprises. Double coup de théâtre en effet: la victoire en meilleur film dramatique de Bohemian Rhapsody contre Une étoile est née (et contre BlackKlansman). Et, en comédie, celle de Green book : sur les routes du Sud, d’un des frères Farrelly (oui, ceux de Mary à tout prix), contre la satire politique Vice d’Adam McQuay et La favorite de Yorgos Lanthimos. (Avec toutefois meilleure actrice de comédie pour Olivia Colman, l’inoubliable reine folle de La Favorite)

Dans cette soirée affichant toutes ses couleurs, ressortait la robe bleue à longue traîne Valentino Haute couture de Lady Gaga, portée en hommage à Judy Garland. Back stage, après avoir perdu dans la catégorie meilleure actrice, la Gaga se dit un peu triste pour “Bradley”, mais nous assure être ravie de son trophée de la soirée, pour la chanson Shallow, et se prend en seflie devant nous avec son équipe. C'est en effet Glenn Close qui a été sacrée meilleure actrice dramatique, pour le petit film indépendant de Björn Runge The Wife, où elle joue l’épouse dans l’ombre d’un écrivain joué par Jonathan Pryce. Cheveux courts blancs, Glenn Close livre larmes aux yeux un superbe speech féministe en hommage à sa propre mère: standing-ovation de toutes les femmes de l’assemblée: Nicole Kidman en sequins rouge sombre Michael Kors, Regina King (lauréate du meilleur second rôle pour If Beale Streets could talk du réalisateur de Moonlight Barry Jenkins), en fourreau rose Alberta Ferretti, Catherine Zeta-Jones en satin vert Elie Saab, Julianne Moore resplendissante en Givenchy blanc, Laura Harrier, en Louis Vuitton, of course. Partout, des froufrous. Amber Heard, Charlize Theron, Rachel Weisz et Kaley Cuoco, chicissimes en noir et blanc. Heidie Klum et son tulle noir brodée de grosses fleurs, la traîne couleur feu de Patricia Clarkson (récompensée pour la série Sharp Objects)... Toutes portent des bracelets, rubans et pins contre le harcèlement sexuel. Un an après, la blessure est toujours là, et toutes les stars féminines, comme Julia Roberts (en pantalons Stella McCartney), ou Patricia Arquette récompensée pour la série de Ben Stiller Escape from Dannemora, rappellent de ne pas baisser la garde: en 2018, le nombre de réalisatrices femmes a baissé. Du coup, même si on se réjouit pour l’incroyable doublé d’Alfonso Cuaron (Meilleur film étranger et meilleur réalisateur pour Roma), on regrette que Nadine Labaki, nommée en meilleur film étranger pour le bouleversant Capharnaüm, n'ait pas crée l’évènement. Mais rien n'est joué, puisque les votants aux Oscars viennent à leur tour d’envoyer leur bulletin.

Comme dirait Freddie Mercury, le bon ange de cette folle nuit glam-rock qui s'est déroulé comme toujours au Beverly Hilton de Beverly Hills, ce même Freddie à qui Rami Malek a dédié son Golden Globe du meilleur acteur en s’écriant :“I love you, you beautiful man”, devant le regard ému de Brian May et Roger Taylor: Show Must Go On.

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Photographe HFPA

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