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Monica, Jake … et moi

Pour le lancement de sa nouvelle collection « Clash », Cartier nous a cloué le bec. On y était, on vous raconte.
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Paris, mercredi 10 avril - Cartier nous donne rendez-vous dans une ex-geôle parisienne pour célébrer le lancement de sa nouvelle signature joaillière « Clash ». C’est le premier contraste incarné par cette collection qui mixe codes et oxymores brillamment : faire la fête dans une prison. Mais pas n’importe laquelle, La Conciergerie, aux voûtes majestueuses et investie par la Maison avec un spectaculaire raffinement.

A peine les premiers pas foulés, on croise Monica Belluci. Altière, longiligne dans son tailleur blanc, accompagnée d’un charmant barbu aux airs de dandy bucheron - en réalité il est sculpteur – même en poussant la porte des toilettes elle a la classe.

La classe du Clash, c’est ce que raconte Cartier tout au long de la soirée. C’est quoi Clash d’ailleurs ? Ce sont tous les contraires, toutes les dualités, tous les opposés, qui convergent. C’est ce que reflète en bijoux une collection avant-gardiste mais inspirée d’un héritage, rock mais minimaliste, précieuse mais quotidienne.

Personnellement, le clash c’est de savourer sa cigarette dans la cour intérieure avec à droite, Beth Ditto, Tilda Swinton, Haider Ackermann, à gauche Romain Duris qui se fend d’un sourire. On sourit en retour. En fait, c’était pas à nous, mais c’est pas grave, ça change énormément de la pause cigarette entre charrettes et taxis rouges.

Les oppositions, la maison les a exploré dans chaque détail lors de ce dîner « très particulier». Le brillant discours de Cyrille Vigneron à l’humour ravageur résume tout l’esprit de cette collection et de l’expérience de découverte proposée par la Maison à l’occasion de sa révélation. De jeux de mots en références, le Président et Directeur Général de Cartier International annonce la couleur et le dîner où 375 personnes attablées à un néo-banquet à l’élégance folle se régalent de plats inventifs où l’on ne sait pas ce que l’on mange mais l’on sait que c’est délicieux. Compositions florales extraordinaires, chandeliers vertigineux, c’est l’art de faire à la Française qui rencontre l’art de créer à la Cartier, futuriste par tradition. 

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La surprise dans le moindre détail, c’est le fer de lance de la Maison. Performances artistiques, contorsionnistes et danseuses animent la soirée de leurs acrobaties. Chris véritable monstre scénique fait se dandiner Amira Casar sous nos yeux éberlués tandis que Maïwenn, Mélanie Laurent swinguent, que Ludivine Sagnier filme sur son iPhone et que l’égérie de la collection Kaya Scodelario dans son micro-perfecto de cuir chaloupe entre deux bises ... ça clashe, ça flashe, ça claque, ça surprend, ça pétille.  Billy Idol, stars des eighties,  à la coiffure anachronique prend possession du micro avant de laisser la place à 2 Many Dj’s, des mecs qui ressemblent à ton banquier mais en fait ils mixent de l’électro pop’. Clash on vous dit.

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Nous ? On fait mine d’avoir totalement l’habitude de festoyer avec Rami Malek que l’on a tellement regardé qu’on souffre de strabisme aigu post ébahissement, de croiser Jake Gyllenhaal, mille fois plus beau en vrai que dans ses films, Sofia Coppola, ou encore Farida Khelfa en combi à paillettes. On rend son regard de connivence à Bianca Brandolini qui dans son fourreau à découpes/ air conditionné couture semble aussi surprise que nous par le froid sibérien de Paris.On s’efforce de ne pas loucher sur Tahar Rahim et son petit bun à deux mètres de nous.

Tout dans cette soirée raisonne tout en cohérence avec la ligne narrative de cette collection. Références issues de l’héritage de Cartier mais interprétation puissamment contemporaine, force du design mais légèreté du porté, précieux des matériaux et caractère ludique du résultat, Clash raconte un univers où tous les degrés de ce qui s’oppose par essence se rencontrent et se marient. Cette Conciergerie historique et cette fête d’anthologie, ce lieu d’hier et ces gens d’aujourd’hui, ces vieilles pierres et les stories Instagram des convives.

A 2 h du matin, nous quittons La Conciergerie pour un oreiller moelleux, et probablement rêver que Jake délaisse sa liane tout de blanc vêtu, une robe dos-nu en tweed sur un pantalon, AKA Jeanne Cadieu de son petit nom, pour nous.

La réalité ? Tout aussi surprenante. Car pendant deux jours, Cartier prend d’assaut toute la Place Vendôme en poursuivant son expérience de révélation de cette collection à travers des événements au sein de lieux éphémères où la Maison organisait des rencontres Clash avec des talents créatifs.

Au sein de La Galerie, après un labyrinthe intriguant et un test de personnalité probant, on échoue dans une librairie en partenariat avec Galignani qui rencontre un magasin de disques éphémère conservé par Michel Gaubert, donnant lieu à deux live sessions quotidiennes au sein d’un espace avec des vitrines animées par des créations digitales de la designer Tiffany Godoy.  Selon le jour, les danseurs surdoués les Twins, la délicate ballerine Eleonora Abbagnato ou encore Beth Ditto s’y produisent. Lors de notre passage c’est Christophe Chassol qui accompagne au piano l’actrice Golf shifteh Farahani qui conte d’une voix captivante des textes entre poèmes profonds et féminisme moderne, avant d’achever en farsi où forcément on n’a rien compris sauf qu’elle était sublime. Parker Voss nous écrit un poème « Haiku » - structure spécifique - sur son antique machine à écrire, on trouve cela prodigieux avant de demander à Michel Gaubert quel vinyle il nous conseillerait.

On découvre la boutique Cartier Place Vendôme - «23V» pour les intimes –récemment rénovée, où la collection était vendue pendant toute la durée du lancement avant d’être disponible aussi chez nous, dans l’écrin casablancais de la Maison et partout ailleurs. Ici, performances artistiques exclusives et une mise en lumière des archives joaillières, des pièces uniques comme la bague Boule de 1948  qui portent en elles les  prémices de la collection Clash se succèdent. On essaye quelques bagues, on résiste à l’envie de clasher, là tout de suite, on se prend au jeu d’un photocallarty dans un studio photo improvisé à l’étage.

Puis, on nous invite à déjeuner à la Bronx Brasserie, un lieu où la brasserie typique parisienne rencontre un resto moderniste, et où l’on savoure les mets imaginés par le collectif culinaire Ghetto Gastro sur fond de hip-hop. Ghetto Gastro ? Les sosies de Jay Z, Beyoncé et leurs copains qui cuisinent en joggings et sneakers et qui vous souhaitent bon appétit tout en flow micro à la main. On leur parle, on pense qu’ils sont rappeurs, forcément. Heureusement, ils ne nous en tiennent par rigueur, et on débat véganisme avec ces prodiges de l’assiette qui concoctent la plupart de leurs recettes à base de légumes. On tente de déguster ces plats expérimentaux aux saveurs inattendues sans se lever pour entamer une danse endiablée sur du Dr Dre sous l’œil amusé des serveurs que l’on soupçonne d’avoir été sélectionnés à la sortie d’une agence de mannequins.

 

Pour être cash, après ces trois jours de festivités joaillières créatives où l’art et la matière se rejoignent, prendre le vol de retour c’est ça le grand clash.

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