Mode

Le skate et la mode, une histoire sans fin

Né en Californie dans les années 1950-1960, le skateboard a d’abord été influencé par la culture surf. Sport qui flirte souvent avec l’illégalité, il séduit la jeunesse émancipée des Seventies. La réalité de la rue en a fait vite une activité de misfits autoproclamés, ou “skate rats”, même si la diffusion sur ABC du World Professional Championship aide à sa démocratisation.
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Dès les années 1980 et alors qu’elle est en pleine explosion, l’industrie de la mode récupère ce symbole fort d’indépendance pour booster l’émergence du streetwear, dérivé certes du hip-hop de la côte Est, mais aussi de la culture glisse et de la scène punk californienne. À la fin de la décennie, l’esthétique s’affirme, jusqu’à exister encore aujourd’hui : T-shirts oversized, shorts et jeans baggy, sweat-shirts à capuche, sneakers montantes et casquettes de baseball portées à l’envers... Alors que l’on parle déjà d’un business streetwear s’élevant à 300 millions de dollars, le phénomène “skate wear” est peut-être, comme l’observe le journaliste Ralph Rugoff dès 1992, “en train de subir le même destin que le punk : il est institutionnalisé et marketé pour une audience de masse”.

PAR LA GRANDE PORTE

Ce n’est pas un hasard si, deux ans plus tard, le Victoria & Albert Museum de Londres fait l’acqui- sition de centaines de vêtements de rue – dont un total-look de skater – pour une exposition intitulée “Street Style : From Sidewalk to Catwalk”. Pourtant, et même si les designers des maisons de luxe ont toujours été fascinés et inspirés par l’esthétique des subcultures, il faudra attendre 2010 pour que le skate wear fasse son entrée par la grande porte. Cette année-là, Hermès lance une campagne inspirée du “finger skating”, prolongée en 2011 par une collaboration avec la marque Vans. L’année suivante, le créateur Gosha Rubchinskiy publie Transfiguration, un recueil de photographies mêlant jeunes skateurs de Saint-Pétersbourg et iconographie orthodoxe (oui, le sport est une religion !). Au même moment, la créatrice Phoebe Philo, alors chez Céline, prend le relais sur le sujet et signe avec le photographe Juergen Teller une campagne mêlant skate et art, avec la mannequin Daria Werbowy. Puis, c’est au tour de Louis Vuitton de sortir en 2015 une campagne avec le skateur Alex Olson, et de Chanel en 2016 d’inviter le longboard skateur Adam Crigler pour sa campagne parfum Allure Homme Sport. La maison Kenzo défile au skatepark de La Villette à Paris, et beaucoup de marques y vont de leur skate brandé : Isabel Marant et Marc Jacobs en 2013, puis Emilio PucciChanel et Saint Laurent en 2015.

Encore un peu, et c’était la skate culture qui récupérait le secteur mode ! On n’en sera pas loin ce jour de janvier 2017 où la collaboration Supreme x Louis Vuitton fera l’effet d’une bombe.

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