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Découvrez le défilé Gucci Cruise 2019

C’est sur la promenade des Alyscamps d’Arles que la maison Gucci a présenté sa collection croisière. Un défilé théâtral et mystique à couper le souffle.
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114 silhouettes. 114 visages. 114 âmes. Tous singuliers, différents et pourtant reliés par une esthétique commune. Voilà le talent d’Alessandro Michele se servir de la mode pour parler des hommes dans leur diversité en les intégrant dans une globalité. L’humanité. Quel génie. Le florentin, directeur artistique de la maison Gucci depuis janvier 2015, raconte notre histoire, nous parle du monde, anticipe nos désirs, saisit nos peurs. Peut être aussi parce que lui même est un être de son temps, fasciné par son passé, pris dans le présent, hanté par le futur. Retour à Arles. Et à ce puzzle humain. Hier soir, en plein air, sous un ciel étoilé, assis au milieu des sarcophages et face à un sillon de feu comme pour annoncer le début de la cérémonie, Chiara Mastroianni, Lou Doillon, Asap Rocky ont senti la température monter. La promenade des Alyscamps, nécropole antique, s’est transformée en catwalk mystique. Cierges, brume, cloches et bande son de circonstance : le BO du Dracula de Coppola et le Requiem for my friend de Zbigniew Pressier pour le final. Cimetière romain datant de -400 avant JC, devenu promenade dans les années 1700, cet espace hybride ou flirtent mort et beauté, ne pouvait que plaire a Alessandro Michele “L'inspiration est un ossuaire, les cryptes des cardinaux et des moines du 15ème siècle, et les précieuses décorations. Cette idée est que tout ce qui est lié à l'au-delà s'accompagne de quelque chose d'une beauté maximale » déclare le couturier en marge du défilé.  Les jeunes filles et les jeunes garçons sont étranges. Beaux mais bizarres. Alors que sur les autres podiums les filles foulent le sol d’un pas rapide, presque en colère, ici les mannequins sont calmes, évanescents, comme des fantômes revenus sur la terre. Se croisent une jeune fille étrange en robe rose pâle, un garçon portant un sweet taggé du logo Château Marmont, cet hôtel mythique de Los Angles. Des sorcières ou des grandes bourgeoises bohèmes. Puis une veuve éplorée, épaule dénudée, encombrée d’un bouquet de fleurs démesuré. C’est au tour d’une madone, a couronne et collants en dentelle de passer avant de laisser sa place a une jeune rock star a pantalon zébré. Il y a aussi des manteaux de fausse fourrure puisque Gucci s’est engagée a ne plus utiliser de fourrure animale depuis octobre dernier. Des pantalons en toile fleuris ou a imprimés animaliers. La tête nous tourne, comme si nous étions emmenés dans la transe d’un rituel religieux. Chaque détail de chaque silhouette est pensé, pesé, justifié. Les baskets semblent déjà usées. Le logo Gucci est partout mais n’impose pas sa pub. Les époques se télescopent. Dans cette ambiance crépusculaire, Alessandro Michele signe un défilé d’une intensité incroyable, qui restera, c’est certain, dans la mémoire de chacun de ses invités comme un moment de mode unique.    

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